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TEXTE DE STÉPHANE BORDARIER

Dernière mise à jour : 8 mai 2021

« Lorsque Catherine Hachon énonce ses raisons de faire de la peinture, elle dit que c’est un langage libre auquel participent le corps tout entier, la respiration, le désir ; elle ajoute que ce langage n’est pas forcément d’actualité et elle compare sa réception à celle du « poil » dans notre époque.

Comparaison inusitée mais combien pertinente: quelque chose qui démange, n’est pas seyant, mais érotise... La peinture énonce souvent ce que les mots n’osent ou ne peuvent dire. Elle est, dans son mouvement de remise en cause permanente de ce qu’elle a précédemment accompli, un travail contre. Catherine Hachon dit aussi qu’elle sait que « tout a été fait »: je n’en suis pas aussi sûr qu’elle, ni de la sempiternelle mort de la peinture, ressassée depuis des lustres et toujours remise à demain pour cause d’imprévu déboulant sur la scène.

Comme, et parfois plus encore que les peintures à l’huile qui les précèdent, les grandes aquarelles montées sur châssis qu’elle vient de réaliser sont un magma de formes informes qui virent sans cesse, du composé au déconstruit, du peint avec maestria au disgracieux. Sur l’une d’elles, les grandes taches bleues ont coulé - littéralité du médium: l’aquarelle, c’est de l’eau avec un peu de couleur, on pour- rait être en pleine illustration du modernisme Greenbergien- mais quelque chose d’énorme surgit là en bas, inconvenant, maladroit, lourd. Dans cette peinture qui pourrait être aussi la démonstration d’un vif talent d’aquarelliste, apparaît un élément discourtois, malvenu, un bloc, une figure. Peinture abstraite? Non, et pas figurative non plus, mais traversée par de l’incongru, de l’inattendu. C.Hachon dit son besoin que le tableau semble traversé. Il l’est. Qu’il soit comme une scène , sur laquelle se précipitent des objets picturaux.


Stéphane Bordarier Extrait « Le regardeur n°5 » A.A.M.A.C

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