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TEXTE DE MARIELLE BARASCUD 1994

Pâte

Epaisseur

Opacité

Transparence

Dans la peinture

Dans l'épaisseur de la peinture

Dans la couleur

Racler

Gratter

Noms communs, verbes assemblés : un langage?

Juste langage pour parler de la peinture de Catherine Hachon.

L'élémentaire.

L'essentiel.

Malgré son aversion pour la perception de la touche, Catherine Hachon montre l'histoire du tableau. Des coulures, traces, éclaboussures s'échappent du noyau central vers les bords de la toile brute. Ce noyau est à la fois cellule et noeud. Une cellule car il est profondément vivant. Un noeud car la multitude de ses emmêlements ne laisse aucun espoir d'échappatoire. On ne peut rester longtemps devant les peintures de Catherine Hachon seulement sensible à la subtilité de la matière, à la qualité des accords colorés . La force centrifuge de la figure centrale témoigne rapidement d'une présence. Une présence lourde. Une présence révélée. Que le regard soit appuyé et... curieusement la force s'inverse, devient centripète. L'on est aspiré, entier, dans le trou de la peinture.


Lavé

Lessivé

Purgé

tous les contrôles sont perdus. Aucune réaction possible. Seulement subir. La peinture accomplit un travail de sape. Noyée la plus petite notion identité. Emportée la plus infime certitude; seule subsiste in fine un réflexe de conservation qui permet, au-delà de tout basculement, de se hisser hors du tourbillon de la spirale aspirante.


Les dessins de Catherine Hachon sont tout autres. Effectués sur des formats généralement assez réduits, de technique très libre, ils marquent des plages de liberté, d'un laisser-aller autorisé. Les thèmes sont variés: prises de notes rapide d'un quotidien réel ou imaginaire, parfois maladroites, souvent énigmatiques, toujours narratives de moments de fluente.


Il n'existe aucun rapport technique, iconographique ou linguistique entre les dessins et les peintures de Catherine Hachon. Ils sont seulement en relation existentielle, les uns étant ce que les autres ne sont pas. Tandis que le dessin autorise toutes les libertés dans son rôle d'exutoire, la peinture tente de répondre à toutes les éxigences des contraintes fixées. Pour cette jeune artiste peindre est un droit, le gagner durement en évidence.


Marielle Barascud

Nîmes, Novembre 1994

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